Démarches administratives (création d’une micro-crèche)

Comment ouvrir une micro-crèche ? – Préparer l’inclusion

Comment préparer l’inclusion en structure petite enfance ?

Depuis que la loi 2005-102 pour l’égalité des droits et des chances a été adoptée, « l’action poursuivie vise à assurer l’accès de l’enfant, de l’adolescent ou de l’adulte handicapé aux institutions ouvertes à l’ensemble de la population, et son maintien dans un cadre ordinaire de scolarité, de travail et de vie ». Cela signifie que tout enfant, quelle que soit sa situation de santé, qu’il soit porteur d’un handicap ou non, doit pouvoir être accueilli dans la structure de son choix.

Sur le papier, c’est assez simple. Mais qu’en est-il pour les personnes qui n’ont jamais été en contact avec des enfants porteurs de handicap ou de maladie ? La rencontre avec un enfant porteur de handicap, quand elle est inédite et totalement nouvelle pour le professionnel, peut faire peur : peur de mal faire, ou encore peur de ne pas savoir comment accueillir ces enfants, ainsi que leurs parents. Ces questionnements sont tout à fait normaux, ils sont même plutôt sains, et permettent de préparer un accueil où chacun trouvera sa place.

Tout d’abord il est important de garder à l’esprit que l’on accueille d’abord des enfants, quelles que soient leurs capacités physiques, intellectuelles, relationnelles. Les compétences professionnelles et humaines seront utiles à chacun pour voir en chaque enfant ce dont il est capable, ce dont il a besoin, et ce qui pourra être fait pour qu’il se sente à sa place parmi les autres. Pour se lancer dans cette aventure enrichissante, il y a des étapes essentielles à connaître.

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Posture respectueuse (école alternative sans violence)

Marshall Rosenberg et l’utilisation de la CNV en classe

Qu’est-ce que la CNV ?

Il s’agit d’une méthode de Communication Non-Violente (CNV) visant à améliorer les relations entre les êtres humains, créée par Marshall Rosenberg, psychologue américain décédé en 2015.

Sa méthode, très prisée et mondialement acclamée, a fait ses preuves aussi bien dans le cercle restreint de couples ou de familles, que dans des structures collectives, allant des prisons aux écoles.

Son objectif était de nous rappeler ce qui fait la nature profonde des interactions humaines, et de nous aider à les vivre en en ayant pleinement conscience. Rosenberg nous invitait tous à reconsidérer la façon dont nous nous exprimons, ainsi que celle dont nous percevons et entendons l’autre.

Commencer par apprendre les émotions

Il est important, pour quiconque souhaite lancer cette démarche de CNV dans sa classe (mais c’est aussi vrai au niveau plus restreint de la famille, par exemple) que les enfants soient au préalable informés sur les différentes émotions qui existent (et peut-être les adultes aussi). Si cela peut sembler évident, ça n’en est pas moins une 1ère étape essentielle qui est loin d’aller de soi pour tout le monde. Pourtant, il est bien entendu que quiconque ne peut nommer une émotion, ne saura exprimer ce qu’il ressent correctement.

1ère Étape de la CNV – s’écouter soi-même

Rosenberg était persuadé que nos habitudes de langage quotidiennes nous empêchent de voir clairement notre responsabilité personnelle dans notre perception de ce que l’autre cherche à nous transmettre. Ces habitudes, ancrées en nous depuis des générations, nous incitent à étiqueter, catégoriser, porter des jugements sur l’autre. Rosenberg parlait alors de « communication aliénante […] un produit et un pilier des sociétés fondées sur des principes de hiérarchie et de domination ». Au contraire, Rosenberg invitait les gens à prendre conscience d’eux-mêmes, à pratiquer une forme d’écoute intérieure, en tant qu’individu et non pas en tant que personne soumise et donc effacée. « Lorsque nous sommes reliés à nos sentiments et besoins […] nous ne constituons plus des sujets dociles et soumis ».

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Pédagogies alternatives (Passées et actuelles ; autour du monde)

La pédagogie Decroly – élever les enfants « pour la Vie et par la Vie »

Jean-Ovide Decroly, visionnaire, pédagogue et psychologue belge, vécut de 1871 à 1932. Il travailla notamment avec des enfants handicapés mentaux à Bruxelles, ce qui l’aida beaucoup à cheminer dans sa réflexion. Il fonda à Bruxelles deux écoles expérimentales au début du 20ème siècle, basées sur ses principes qui visaient à répondre aux besoins biologiques et sociaux de l’enfant. Il existe aujourd’hui encore une École Decroly, située dans la banlieue de Bruxelles, qui reprend les éléments de sa pédagogie, et propose un accueil des enfants depuis la maternelle jusqu’au baccalauréat.

Decroly est souvent évoqué comme étant le père de la pédagogie expérimentale – c’est-à-dire tout simplement, que l’enfant apprend en expérimentant. Selon Decroly, comme selon bien d’autres après lui, l’enfant est un être social et pensant, avec des besoins qui lui sont propres. Ainsi, le rôle des adultes est de permettre aux enfants d’apprendre pour leur bien, c’est-à-dire pour leur assurer une vie future heureuse, tout en :

  • Respectant leurs besoins humains les plus profonds,
  • En leur permettant d’exprimer leur fabuleux potentiel (intrinsèque à leur condition d’enfant)
  • En prenant en compte leurs capacités individuelles, ainsi que leur personnalité et leurs centres d’intérêt.

Decroly est l’auteur de plusieurs ouvrages qui ont laissé des traces, notamment « L’initiation à l’activité intellectuelle et motrice par les jeux éducatifs ». Comme vous le découvrirez en lisant les principes fondamentaux sur lesquels repose sa pédagogie, ses idées ont été reprises et développées par de nombreux pédagogues au cours du 20ème siècle.

En effet, s’il était plutôt visionnaire en son temps, les principes que Decroly souhaitait voir adopter dans les écoles de son temps, et au profit des enfants, sont toujours justes et d’actualité. Vous allez voir que l’on retrouve aussi de nombreux éléments de cette pédagogie dans… les exigences du socle commun de l’Éducation nationale.

L’enfant est acteur de ses apprentissages

Il est primordial de mener les apprentissages en accord avec les intérêts de l’enfant. « Il faut mettre un intérêt à la base de tout ce que l’on donne à l’enfant. L’intérêt éveille l’attention » – JO Decroly. Selon lui, l’enfant apprend mieux en suivant 3 étapes successives, dans lesquelles il est directement et totalement impliqué :

  • L’observation, qui offre aux enfants une approche très concrète et réelle des objets, par la manipulation et l’expérimentation (une notion que l’on retrouve très présente chez Jean Piaget). Cela mène l’enfant à comparer, identifier, classer, situer, etc – autant de notions que l’on retrouve dans les exigences du socle commun.
  • L’association, qui permet à l’enfant de classer les objets en catégories par exemple, qui l’aide à structurer sa pensée, et développer des théories – là encore, on retrouve les exigences du socle commun.
  • L’expression, où l’enfant retranscrit le cheminement effectué dans son esprit, où il présente ce qu’il a constaté et appris – vous aurez deviné où, une fois de plus, on peut retrouver tout ça.

Dans ce même registre, il convient à l’adulte encadrant de laisser l’enfant libre de travailler en suivant ses propres centres d’intérêt.

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Posture respectueuse (école alternative sans violence)

La violence institutionnelle ordinaire et propositions pour s’en sortir

J’appelle violence institutionnelle toute action commise dans ou par une institution, ou toute absence d’action, qui cause à l’enfant une souffrance physique ou psychologique inutile et/ou entrave son évolution ultérieure.

Tomkiewicz et P. Vivet, « Aimer mal, châtier bien. Enquêtes sur les violences dans des institutions pour enfants et adolescents ».


La violence inhérente au système : l’obligation

L’obligation est la 1ère des violences institutionnelles en ce qui concerne l’école. Certes, en France, et ce même si de nombreux médias ou d’autres administrations se plaisent à semer le trouble dans l’esprit de parents mal informés, ce n’est pas l’école qui est obligatoire, mais l’instruction. Malgré cette « liberté » (largement ébranlée par la Loi Blanquer, récemment validée par le Conseil Constitutionnel), la pluralité des modes d’enseignement en France reste vraiment minime. Pourquoi ? parce que nombreux sont les parents qui n’ont pas les moyens financiers d’inscrire leurs enfants dans les écoles alternatives ou « hors contrat » qui se développent sur le territoire. Nombreux également sont ceux qui n’osent pas se lancer dans l’instruction en famille : par peur de mal faire ; parce que la société et leur propre éducation les ont conditionnés (un enfant doit aller à l’école) ; parce qu’ils ne peuvent pas, matériellement, se permettre de mettre de côté leur travail ; parce qu’ils ne savent même pas que cette possibilité existe et qu’ils en ont le droit ; parce que le poids des inspections qui y sont liées pèse trop lourd sur leur responsabilité de parents, etc. 

La violence est dans le conditionnement social et éducationnel, elle est aussi dans le manque de moyens et d’informations des familles.

L’obligation à l’école, c’est aussi : 

  • l’assiduité hyper contrôlée des élèves, qui place les parents en porte à faux ;
  • le fait que d’autres adultes, inconnus à la famille, se retrouvent en position de décider pour notre enfant, et sont de fait susceptibles de l’exposer à des modes éducationnels que nous ne souhaitons pas avoir pour notre enfant. Quel terrible pouvoir de l’état que celui-ci … En somme, l’école c’est lorsque d’autres personnes choisissent à notre place comment notre bébé va grandir ;
  • le rythme scolaire auquel on soumet l’enfant, au mépris le plus total de ses rythmes biologiques et de ses besoins individuels : l’individu s’efface sous le poids de la collectivité ; 
  • le programme imposé par l’Éducation Nationale, au mépris des intérêts et aptitudes de chacun, au mépris aussi du rythme de développement du cerveau de l’enfant. Malgré les récentes découvertes des neuroscientifiques, qui revêtent un caractère fondamental pour le développement de l’enfant de manière générale, aucun de ses aspects n’est pris en compte dans l’organisation d’une journée en institution scolaire ;
  • l’obligation de rendement – car l’institution scolaire est bien une entreprise – qui impose aux jeunes élèves tout un système d’examens et de notations, qui va à l’encontre du bon épanouissement de la jeunesse en lui imposant des stress parfois considérables (nous reparlerons du suicide chez les élèves), et en leur inculquant des paramètres de compétitivité ;
  • l’obligation d’avoir un comportement conforme aux exigences sociétales, appuyée par un système répressif et archaïque de punitions, parce que l’élève n’a pas respecté telle ou telle règle de l’institution.
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Posture respectueuse (école alternative sans violence)

Les violences éducatives ordinaires dans nos écoles

Comme vous avez pu le constater dans le précédent article de cette catégorie : La VÉO : qu’est ce que c’est ? , les Violences Éducatives Ordinaires sont très nombreuses, répandues et se retrouvent à tous les niveaux de notre quotidien : à la maison, dans nos relations parents-enfants,… mais également à l’école , de manière sournoise et insidieuse car invisible ou presque, et de ce fait, méconnue.

En effet et bien malheureusement, notre système éducatif français – par son mode de fonctionnement et les valeurs qui y sont prônées – a installé et bien ancré au sein de nos écoles une multitude de VÉO. C’est d’ailleurs et en premier lieu au sein même de sa structure que sont présentes les premières VÉO.

En effet, le système éducatif français est composé de 3 parties : la maternelle, l’école élémentaire et le secondaire (collège et lycée). Et chacune de ses parties est elle-même divisée en cycle pédagogique : le cycle 1, appelé Cycle des Apprentissages Premiers , et qui regroupe les 3 années de maternelle (Petite Section, Moyenne Section et Grande Section) ; le cycle 2, appelé Cycle des Apprentissages Fondamentaux et qui regroupe les classes de CP/CE1 et CE2 ; le cycle 3 , appelé Cycles des Approfondissements et qui concerne les classes de CM1/CM2 et la 6ème, première année de collège ; le cycle 4 , quant à lui, regroupe les 3 années suivantes du collège, 5ème/4ème et 3ème ; et enfin le lycée, avec les niveaux 2nde/1ère et Terminale. Ainsi, pour chaque année de chaque cycle, un programme est établi avec des attendus de fin de cycle bien déterminés :  chaque enfant dans chaque école va donc suivre ce même programme et sera évalué en fonction de ces attendus qui ont été définis et selon lesquels « un enfant de fin de cycle ( …) doit maîtriser telle compétence, doit être capable de ( …). » Ce qui signifie que sont proposés à l’école des apprentissages faisant partie du programme de ce cycle, peu importe si l’enfant y est sensible ou pas à ce stade de son développement . Et si un enfant , à l’inverse, manifeste un intérêt pour un apprentissage faisant partie d’un autre cycle, il lui sera répondu qu’il est trop petit et qu’il verra cela plus tard lorsqu’il passera dans la classe au-dessus ! Au sein d’une classe, les mêmes activités proposées à un même rythme d’assimilation sont censées correspondre à 25/30 enfants – certes du même âge – mais à différents stades de développement et avec des périodes sensibles différentes…C’est là que sont présentes les premières VÉO car l’école ne respecte pas le développement de l’enfant et ne nourrit pas – ou du moins pas de la bonne façon – son besoin d’apprendre. De plus, par son enseignement figé et ses évaluations selon lesquelles un enfant de tel âge doit savoir faire telle chose à tel moment précis, l’école place l’enfant en situation d’échec : un enfant peut avoir besoin de temps supplémentaire pour assimiler une notion, ou il peut tout simplement ne pas y être sensible à la fin du premier trimestre mais parfaitement au début du second…mais malheureusement cette notion figurant au programme du premier trimestre, elle sera considérée comme «  non-acquise » et l’enfant ,comme «  ayant des difficultés » …

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Posture respectueuse (école alternative sans violence)

La VÉO : qu’est ce que c’est ?

Violence Éducative Ordinaire (VÉO)

Nous sommes nombreux à en avoir déjà entendu parler, mais sans réellement avoir bien compris de quoi il était question. On pense principalement à la fessée, à la gifle…mais la Violence éducative ordinaire ne se résume pas à cela.

En effet, la VÉO regroupe toutes les violences d’intensités différentes, qui semblent communément admises car elles auraient -selon les croyances communes- des vertus « éducatives ». Le terme VÉO fait référence aux travaux d’Olivier MAUREL (cofondateur de l’Observatoire de la Violence Éducative Ordinaire) et d’Alice MILLER avant lui (Docteure en psychologie, psychothérapeute et auteure de plusieurs livres sur l’influence des maltraitances subies pendant l’enfance dans la vie de l’adulte).

Est-il possible de donner une seule définition de la VÉO ?

Voici quelques réponses de fondateur / fondatrice de l’OVEO  (Observatoire de la Violence Éducative Ordinaire, créé en 2005, compte environ 300 membres dispersés aux 4 coins de la France -voire du monde- et dont l’objectif est de sensibiliser à l’existence et aux conséquences de la Violence Éducative Ordinaire).

Les formes de violence auxquelles l’OVEO doit se consacrer en priorité sont celles qui sont universellement recommandées depuis des millénaires et qui atteignent donc la majorité des enfants ; celles qui sont punitives et celles qui établissent entre le parent et l’enfant un rapport de pouvoir violent.

Olivier MAUREL

La Violence Éducative Ordinaire combine violence, donc utilisation d’une force (physique et/ou mentale) dans le but de « neutraliser » l’autre ; éducative, donc en faisant passer cette action pour quelque chose d’éducatif et donc à forte connotation de « bon ou bien » ; et ordinaire car cette action est tellement commune, acceptée et utilisée par quasi tout le monde que personne ne la voit comme telle et ne la remet en question.

Victorine

La Violence Éducative Ordinaire : une maltraitance non encore perçue comme telle par les élites du pays considéré.

Igor REITZMAN , membre du Comité de parrainage de l’OVEO
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Posture respectueuse (micro-crèche sans violence)

Comment accompagner les enfants au sein d’une micro-crèche ? – Les VEO (Violences Éducatives Ordinaires) en collectivité

Définition et cadre légal

Travailler avec de nombreux enfants, aux âges et besoins différents, en répondant à l’organisation de la structure, de la directrice, des collègues, des familles, n’est vraiment pas une mince affaire. Il y a également les contraintes relatives à ce choix de vie : des horaires de travail parfois compliqué avec des coupures, des collègues absents et non remplacés ou encore des heures supplémentaires en pagaille. C’est un travail qui est extrêmement prenant psychologiquement, émotionnellement également. Vous devez donner le meilleur de vous-mêmes et les moyens qui sont mis à votre disposition ne sont pas toujours suffisants ou suffisants à vos yeux. Nous ne cessons d’entendre parler du mal-être de ces professionnels qui font le choix d’offrir leur tendresse aux enfants et qui ont mal à leur travail, qui ne se sentent pas épanouis, écoutés, entendus, un monde où le rendement semble remplacer peu à peu l’objectif premier des lieux d’accueil : assurer le bien-être physique et émotionnel des enfants. 

Le choix que vous avez fait d’accompagner ses enfants pour relayer les parents durant leurs obligations est un choix magnifique et très fort de sens pour la société entière. Mais malgré vos efforts, la collectivité elle-même peut être source de Violences Éducatives Ordinaires (VEO) ou vous pouvez en être témoin de la part de vos collègues. Loin de moi l’idée de vous culpabiliser, l’idée de ces articles est de vous aider à prendre conscience des fonctionnements qui ne sont pas adaptés, à les réorienter tout en prenant en considération les contraintes et le fonctionnement de la collectivité qui est très particulier.

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Démarches administratives (création d’une micro-crèche)

Comment ouvrir une micro-crèche ? – L’équipe encadrante : qualifications, expériences et missions

La micro-crèche a de particulier sa taille mais également les professionnelles qui peuvent y travailler. En crèche il y a des professionnels « fraîchement diplômés », en micro-crèche le recrutement de ces profils n’est pas envisageable. Nous allons faire le tour des critères pour le recrutement de votre future équipe. Sachez que c’est à vous de vérifier que vos salariés répondent aux exigences de diplôme et d’expérience du décret. Il ne faut donc pas hésiter à demander les photocopies des justificatifs bien entendu, mais également à appeler les anciens employeurs pour s’assurer des périodes effectivement travaillées (avec l’autorisation du candidat obligatoirement). Prenons l’exemple d’une professionnelle titulaire d’un CAP petite enfance, elle peut tout à fait vous apporter un certificat de travail qui notifie qu’elle y a été employée de Novembre 2012 à Décembre 2015. Donc elle possède bien deux ans d’expérience, mais si elle a été en congé maternité puis parental sur une durée totale de deux ans… Il ne lui reste plus qu’une année d’expérience « réelle ».

Le gestionnaire

Vous l’avez lu dans mes précédents articles, il n’y a aucune obligation à ce qu’il soit diplômé de la petite enfance ou en est une quelconque expérience. À noter tout de même que s’il est étranger à cet univers, il devra s’entourer d’un « référent technique ». Dans certains cas l’embauche d’un référent technique vous sera imposé même si vous êtes diplômé de la petite enfance, et peu importe votre diplôme. Selon les PMI dont vous dépendez, sans diplôme, vous pourrez exceptionnellement participer à l’accueil des enfants mais sans compter dans le taux d’encadrement (donc en renfort, et en aucun cas à la place d’un salarié diplômé). Parfois les règles sont plus strictes et vous n’avez aucunement le droit de vous occuper des enfants que vous accueillez. Enfin, dans d’autres cas vous y êtes autorisés pour pallier un cas d’urgence, par exemple un professionnel malade pour qui vous n’avez pas de remplaçant.

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Démarches administratives (création d’une micro-crèche)

Comment ouvrir une micro-crèche ? – Comprendre les budgets

Vous allez vite vous en rendre compte lors des démarches d’ouverture de votre future micro, il y a un sujet qui revient très souvent et qui vous pose aussi sûrement pas mal de questions, il s’agit des budgets ! Et oui, parce que même si votre projet repose sur des valeurs comme offrir aux enfants un lieu d’accueil épanouissant, être à l’écoute des demandes des parents et respecter leurs choix éducatifs ou encore enfin trouver un lieu de travail qui soit en lien avec vos valeurs professionnelles… Soyons honnêtes, nous parlons de votre futur travail, donc il va bien falloir aborder la question du financier (à moins que vous acceptiez d’être bénévole mais dans ce cas rejoindre une association sera bien plus facile pour vous !).

Donc les budgets c’est la grosse question sur laquelle vous ne pouvez pas faire l’impasse, car ils vont vous permettre par exemple de fixer votre tarif horaire, mais également de savoir combien vous allez pouvoir payer vos salariés (utile quand la question se pose en entretien de recrutement !) mais aussi de combien vous allez avoir besoin pour concrétiser votre rêve ? Et combien de rentrée d’argent minimale nécessitera votre crèche chaque mois ! La banque vous demandera un budget très détaillé afin de savoir si elle a envie de prendre le risque de vous accompagner dans l’aventure ou non.

Il faut différencier deux types de budget. Tout d’abord le budget d’investissement, c’est celui dont vous aurez besoin pour ouvrir. Il est composé de tous les achats qui sont indispensables à l’ouverture de votre micro donc le matériel de puériculture, les meubles, l’électroménager, peut-être que votre location demande un « pas de porte ». Vous pouvez en trouver des modèles sur internet. Sans ce sésame, pas de financement, et de toute façon c’est une pièce indispensable pour votre dossier de demande d’agrément car la CAF a également besoin de ce document pour estimer vos droits à la subvention à l’investissement, un coup de pouce dont il serait dommage de se priver. Mais sachez également que si cette aide vous est octroyée, elle le sera en remboursement des dépenses que vous avez déjà effectuées, donc il faudra tout de même avancer les fonds. Vous pouvez faire appel à une connaissance qui est calé en comptabilité pour le réaliser, ou bien vous aider avec des tutos et des trames que vous trouverez sur internet si vous êtes à l’aise. Encore une fois, inutile de prendre le modèle d’un autre porteur de projet, cela ne ferait pas sens du tout et ne serait pas cohérent. Peut-être qu’ils fournissent le linge de lit alors que vous souhaiterez que les parents le fournissent. Peut-être qu’ils fourniront le goûter alors que vous non. Tout est si détaillé dans ce budget comme par exemple la partie des travaux, que vous ne pouvez vraiment pas le réaliser approximativement, sous peine qu’il soit jugé « amateur » auprès des banques et qu’elles ne vous suivent pas. Elles ont besoin d’être sûres que non seulement votre micro rentrera assez d’argent pour rembourser le crédit et payer les charges, mais sachez que c’est aussi votre personne qui est jugée lors de ces rendez-vous. Le conseiller que vous avez en face de vous (ce sont souvent les directeurs d’agence qui s’occupe de ce genre de dossier d’ailleurs) va essayer de savoir si oui ou non vous ferez un bon chef d’entreprise, si oui ou non vous êtes sérieux et vous serez en mesure de réaliser avec professionnalisme toutes les tâches à hautes responsabilités qui vous incomberont. Que vous soyez l’assistante maternelle de l’année ou le boulanger du village d’à côté, à vrai dire ce n’est pas le plus important pour lui. Donc, donnez-lui des documents fiables, précis, qui ont été rédigés avec l’appui de personnes professionnels dans ce domaine, autrement votre image de sérieux s’envolera aussi vite que votre accord de prêt !

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Démarches administratives (création d’une micro-crèche)

Comment ouvrir une micro-crèche ? – Les partenaires

Pour vivre, et surtout être vivante, une micro-crèche a besoin de partenaires. Seule, elle n’existe pas ! Alors il y a les partenaires auxquels on pense immédiatement : les parents, les enfants ou les professionnels par exemple. Mais il y a aussi des partenaires plus « invisibles » qui sont pourtant indispensables.

Tout d’abord, si vous avez lu d’autres articles sur l’ouverture d’une micro-crèche, vous devez très bien connaître maintenant la PMI, Protection Maternelle et Infantile. C’est un service du Conseil Général qui s’occupe notamment de l’agrément et de la supervision des établissements d’accueil du jeune enfant. C’est au Conseil Général et plus particulièrement à son président que vous devrez adresser votre demande d’agrément lorsque votre dossier sera complet et que vous serez prêt à démarrer votre seconde aventure : l’ouverture !! (Oui, le projet d’ouverture est vraiment la première aventure mais l’ouverture en elle-même en est une vraie également !). Vous allez avoir plusieurs rendez-vous avec votre médecin de PMI. Il sera votre référent concernant le projet, l’ouverture et le fonctionnement de votre crèche. Votre médecin référent vous est désigné selon la commune ou le secteur d’implantation de votre micro-crèche. Il va être avec vous durant les démarches pour l’ouverture jusqu’à l’agrément. En effet, même si la décision d’agrément revient au président du Conseil Général, cette décision sera prise en fonction des éléments que votre médecin référent sera en mesure de lui transmettre. Vous aurez tout d’abord la première rencontre pour présenter votre projet, ensuite vous allez sûrement relire ensemble votre projet éducatif et pédagogique et votre règlement de fonctionnement. Faites confiance à son expérience, elle visite régulièrement des dizaines de structures différentes, mais concernant vos valeurs elles doivent être vôtres ! Vous pouvez également convier votre médecin à la visite du local que vous convoitez, avant de vous engager (ou lui présenter vos plans et photos si vous partez sur une construction ou si vos disponibilités mutuelles ne sont pas compatibles). C’est très important de l’associer à la décision de votre local, car en visitant elle pourrait relever des points que vous n’avez pas vu et qui seront rédhibitoires et réduiront à néant vos espoirs (sur ce local uniquement bien sûr !). Avant de lui proposer une visite, assurez-vous de la viabilité de votre projet auprès de l’agence immobilière ou du propriétaire, son temps est précieux et elle ne pourra vous accompagner sur chaque visite que vous faites ! Lorsque vous aurez jeté votre dévolu sur le local de vos rêves, vous allez certainement devoir faire des travaux ou petits aménagements pour que vous passiez d’un « local » à « votre crèche », votre médecin référent prévoira donc une visite pour valider les locaux et donner ses dernières préconisations avant que vous ne déposiez votre dossier de demande d’agrément complet. Une fois l’agrément obtenu, votre médecin référent sera également présent pour vous donner les indications d’aménagement, de sécurité afin que l’ouverture et l’accueil des premiers enfants soient prévus dans les meilleures conditions possibles. Enfin, chaque année au minimum, elle fera une visite afin de constater que la crèche répond à toutes les normes d’hygiène et de sécurité que l’on est en droit d’attendre d’un lieu qui accueille des tout-petits. Son rôle est également de vérifier que la règlementation est bien respectée notamment concernant le recrutement et les exigences de diplôme et de formation des professionnels, le nombre d’enfant accueillis en respect avec le taux d’encadrement légal et votre agrément. C’est également vers elle que vous devrez vous tourner si vous avez des demandes particulières concernant de grandes modifications de fonctionnement, de projet pédagogique, d’aménagement…

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