Posture respectueuse (école alternative sans violence)

La VÉO : qu’est ce que c’est ?

Violence Éducative Ordinaire (VÉO)

Nous sommes nombreux à en avoir déjà entendu parler, mais sans réellement avoir bien compris de quoi il était question. On pense principalement à la fessée, à la gifle…mais la Violence éducative ordinaire ne se résume pas à cela.

En effet, la VÉO regroupe toutes les violences d’intensités différentes, qui semblent communément admises car elles auraient -selon les croyances communes- des vertus « éducatives ». Le terme VÉO fait référence aux travaux d’Olivier MAUREL (cofondateur de l’Observatoire de la Violence Éducative Ordinaire) et d’Alice MILLER avant lui (Docteure en psychologie, psychothérapeute et auteure de plusieurs livres sur l’influence des maltraitances subies pendant l’enfance dans la vie de l’adulte).

Est-il possible de donner une seule définition de la VÉO ?

Voici quelques réponses de fondateur / fondatrice de l’OVEO  (Observatoire de la Violence Éducative Ordinaire, créé en 2005, compte environ 300 membres dispersés aux 4 coins de la France -voire du monde- et dont l’objectif est de sensibiliser à l’existence et aux conséquences de la Violence Éducative Ordinaire).

Les formes de violence auxquelles l’OVEO doit se consacrer en priorité sont celles qui sont universellement recommandées depuis des millénaires et qui atteignent donc la majorité des enfants ; celles qui sont punitives et celles qui établissent entre le parent et l’enfant un rapport de pouvoir violent.

Olivier MAUREL

La Violence Éducative Ordinaire combine violence, donc utilisation d’une force (physique et/ou mentale) dans le but de « neutraliser » l’autre ; éducative, donc en faisant passer cette action pour quelque chose d’éducatif et donc à forte connotation de « bon ou bien » ; et ordinaire car cette action est tellement commune, acceptée et utilisée par quasi tout le monde que personne ne la voit comme telle et ne la remet en question.

Victorine

La Violence Éducative Ordinaire : une maltraitance non encore perçue comme telle par les élites du pays considéré.

Igor REITZMAN , membre du Comité de parrainage de l’OVEO

Voici également des réponses de membres de l’ OVEO :

La Violence Éducative Ordinaire commence avec tout comportement destiné à convaincre l’enfant qu’un adulte sait forcément mieux que lui ce qui est bon pour lui et, à ce titre, doit en être obéi pour son bien.

La Violence Éducative Ordinaire, c’est quand un adulte est violent physiquement et/ou psychologiquement envers un enfant, et ceci soit disant pour son bien.

La Violence éducative, c’est de ne pas traiter convenablement un enfant, au prétexte d’éducation ou/et en perturbant sa construction et donc son devenir. Cette violence éducative est malheureusement le modèle dominant de la plupart des pays et dans chacun de ceux-ci. Elle est donc ordinaire.

La VÉO : une dépersonnalisation de l’enfant, véritable bombe à retardement.

A travers ces réponses, nous pouvons affirmer qu’il est très difficile de donner UNE unique définition car la VÉO, c’est aussi tout ce que chacun d’entre nous ressent ou comprend comme tel.

Alors pour mieux les comprendre, nous pouvons nous référer à ce listing des VEO – non exhaustive et en constante évolution ( « Enfances Épanouies, grandir sans VÉO » ).

LISTE DES VÉO

Violences physiques

Fesser, gifler, donner une tape sur la main, tirer les oreilles, secouer, empêcher d’aller aux toilettes, tenir les joues, bousculer l’enfant, le tirer, le pousser, mordre, pincer, laisser pleurer seul, forcer à goûter/ à manger/ à finir son assiette, priver de dessert, empêcher de boire/ de manger, prodiguer des soins sans prévenir/par derrière (nettoyer le visage, moucher), mettre un enfant sur le pot avant qu’il ne le demande, conditionner l’enfant à la continence, allaitement et/ou repas de l’enfant sans prendre en compte sa faim mais en fonction de notre horaire décidé à priori (refuser à un enfant de manger/le forcer à manger)

Violences psychologiques

Crier, faire la grosse voix, hausser le ton, faire les gros yeux, faire peur, réprimander, brimer, mettre au coin, l’isolement temporaire (sur une chaise, dans les escaliers,…), l’isolement forcé, créer un tableau d’appréciation du comportement de l’enfant via des visuels (lion des couleurs, croix, …), punir, humilier, rabaisser, menacer, comparer les enfants, se moquer, donner des surnoms blessants/humiliants, donner des récompenses, ne pas écouter l’enfant, se placer en autorité toute puissante (adultisme), confisquer l’objet de réconfort (doudou, tétine,…), mettre des étiquettes (positives ou négatives), avoir des attentes qui ne sont pas en adéquation avec le développement de l’enfant, et, avoir des attentes tout court, réveiller brusquement l’enfant (lumière vive, bruit,…), l’indifférence (dont ignorer l’enfant quelques soient ses comportements, marquer volontairement une indifférence), pousser l’enfant à pleurer/provoquer les pleurs de l’enfant volontairement, la négligence, les privations, faire du chantage, rire quand l’enfant est en détresse, mentir, cacher des choses impliquant l’enfant, ne pas écouter l’enfant, ne pas arrêter de chahuter / chatouiller quand l’enfant le demande, ne pas respecter son intimité (entrer dans sa chambre sans y être invité, lire son courrier / ses comptes sur les réseaux sociaux, changer sa couche devant tout le monde,…), critiquer ses amis / ses goûts devant lui, lui faire faire des promesses, le forcer à mettre les habits que l’on choisit au lieu de respecter ses goûts, le forcer à mettre sa veste / bonnet sans marge de manœuvre (expérimentation du froid, explication,…), forcer un enfant à rester nu sur la plage alors que ce dernier a clairement exprimé son refus d’exposer son corps, forcer l’enfant à s’habiller alors qu’il souhaite rester nu (dans la mesure du possible-la loi, la liberté des autres-), empêcher l’enfant de dormir sous unique prétexte qu’il doit « se lever tôt / à l’heure » sans réelle obligation, jeter les jouets de l’enfant sans son accord, jeter / menacer de jeter les jouets de l’enfant sous prétexte qu’ils ne sont pas rangés,…

Violences culturelles

Elles mêlent souvent violences physiques et psychologiques et posent un problème par rapport au consentement de l’enfant et à son choix libre et éclairé : imposer notre vision homme/femme, imposer notre religion et des coutumes, imposer nos valeurs (c’est bien/c’est mal) , imposer notre athéisme, imposer notre régime alimentaire. Précision pour ces termes : il est important de transmettre nos valeurs (on ne peut d’ailleurs faire autrement puisque l’enfant baigne dans notre environnement), mais c’est le fait de les imposer si l’enfant choisit une autre voie qui est considéré comme une violence. Forcer à demander pardon/à s’excuser, forcer à faire la bise/ à se laisser embrasser, forcer à faire un câlin/ à se laisser câliner,  percer les oreilles d’un enfant sans son consentement éclairé et réfléchi, l’humilier /l’exposer sur Internet / dans nos conversations sans son consentement (photos, vidéos, récit « intime » , …)

LES « DOUCES VIOLENCES« 

Ce terme est largement développé dans les ouvrages de Christine Schuhl. Comportements en apparence anodins mais qui, répétés, peuvent être délétères pour l’enfant : presser l’enfant dans toutes ses activités, faire à sa place car on le trouve trop long, donner des surnoms (monstre, bulldozer, petit diable,…), utiliser du second degré alors que l’enfant n’est pas capable de le comprendre, parler devant lui à la troisième personne sans l’inclure dans la discussion, parler à l’enfant ou de soi en utilisant la troisième personne ( « Léo a fait ça » en parlant à Léo ;  » Il est ou papa? » prononcé par Papa), le mettre devant la TV / tablette / console pour avoir la paix, utiliser un parc / lit cage alors que l’enfant a besoin de se mouvoir, utiliser systématiquement la poussette avec un enfant qui demande à marcher, parler devant l’enfant dans une langue étrangère ou épeler des mots pour qu’il ne comprenne pas et soit exclu de la conversation, empêcher un bébé de se mouvoir librement à cause de ses habits / chaussures, forcer à rester à table pendant le repas,…

Violences médicales

Décalotter ou pas, suppositoires ou pas, vaccins ou pas…

Nous avons pu constater à quel point il est compliqué de définir la VÉO, mais également que ces violences sont très nombreuses. Et malheureusement, celles-ci ne sont pas sans conséquences sur les enfants.

Les conséquences

Les conséquences sur le développement cérébral

  • Plus un enfant subit de violences, -et donc moins il est accompagné- plus la zone du cerveau pré frontal va s’atrophier à cause de la libération prolongée et fréquente de cortisol dans son organisme (le cortisol étant une hormone du stress). L’enfant ne parviendra pas à reconnaître, utiliser et réguler ses émotions ; à faire preuve d’empathie ; à réfléchir et trouver des solutions à ses problèmes sans se laisser déborder par ses impulsions violentes. De plus, quand un enfant subit des violences, son hippocampe est inondé de cortisol, détruisant ainsi des neurones et activant le centre de la peur qui peut être déréglé à long terme et entraîner des troubles psychologiques à l’âge adulte. On parle également de plasticité neuronale chez l’enfant : tout ce qu’on fait à un enfant, tout ce qu’il voit va s’encoder dans son cerveau. Les comportements des adultes influencent la construction des enfants car ils s’impriment dans leur cerveau comme un modèle, comme des réactions normales.

Conséquences sur la santé

Avec des risques accrus de dépression, de suicide, de troubles de la personnalité, de comportements anti-sociaux, de maladies auto immunes. 

Conséquences sur le sens éthique

  • le recours à la violence brouille les repères de nos propres valeurs et du sens de la vie. La violence éducative apprend aux enfants qu’on a le droit de faire du mal à ceux qu’on aime, qu’on peut être tapé par les personnes qui sont supposées nous aimer le plus au monde, que les plus grands ont le droit de faire du mal aux plus petits, que la violence est un moyen légitime de résoudre des problèmes.

Alors, sans violence éducative ordinaire, comment faire ?

Ou comment cheminer vers une éducation non violente…dans son quotidien, en famille mais également à l’école. Car notre système éducatif actuel, de par son fonctionnement et ses idéologies, génère malheureusement un grand nombre de VÉO au sein de ses établissements. 

Un des objectifs de school.ityourself est ainsi de répertorier ces VÉO présentes à l’école et au fil des articles, nous les évoquerons plus en détails et réfléchirons aux comportements à bannir et  à adopter pour un accompagnement sans VÉO, au sein des établissement scolaire notamment, mais aussi des micro-crèches, restaurants scolaires, centres aérés, garderies, etc


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1 réflexion au sujet de “La VÉO : qu’est ce que c’est ?”

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