J’encourage les collégiens et les lycéens à ne pas se laisser faire face aux violences policières. Parce qu’à un moment, il faut se poser une question : pourquoi est-ce qu’on considère toujours que la violence de ceux qui résistent est plus condamnable que celle de ceux qui détiennent le pouvoir ?
La violence ne peut pas être comprise sans tenir compte des rapports de domination qui structurent notre société.

Quand on parle de violence, on imagine souvent un acte brutal, isolé, une agression physique ou verbale entre deux personnes. Mais la violence ne se résume pas à ça. Elle peut aussi être institutionnelle, économique, sociale ou policière. Elle peut être exercée par des institutions, légitimée par des lois, banalisée par des habitudes et rendue invisible parce qu’elle est considérée comme normale.
Et surtout, elle ne s’exerce pas dans un rapport de force égalitaire.
Prenons l’exemple des étudiants issus de milieux populaires. Quand ils dénoncent la précarité, le coût des études, les inégalités d’accès aux formations ou les conditions de vie indignes auxquelles certains sont confrontés, on leur demande souvent de respecter les règles, de faire des efforts, de patienter et de trouver des solutions individuellement. Mais ces règles ne sont pas neutres : elles s’inscrivent dans une organisation de la société qui distribue inégalement les ressources, les possibilités et le pouvoir de décision.
Et quand les personnes concernées se mobilisent pour contester cette organisation, leur colère devient soudainement un problème. On leur reproche de bloquer, de déranger, de perturber le fonctionnement normal des institutions.
Mais pourquoi ce fonctionnement normal serait-il plus important que les personnes qui en subissent les conséquences ?
Le calme n’est pas toujours synonyme de justice, et le respect des règles ne garantit pas l’absence de violence.
Alors, que se passe-t-il lorsqu’un groupe dominé décide de résister à la violence qu’il subit ? Est-ce qu’on peut réellement mettre sur le même plan la violence d’une institution qui dispose de l’autorité, des armes et de moyens de coercition, et la résistance de celles et ceux qui la contestent ?
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