Pédagogies alternatives (Passées et actuelles ; autour du monde)

Les écoles Steiner-Waldorf

Quelle est la nature de cette pédagogie ?

Les écoles Steiner-Waldorf proposent une autre forme d’éducation, basée sur la pédagogie du même nom : c’est une des pédagogies alternatives, qui ont aujourd’hui le vent en poupe.

La pédagogie Steiner-Waldorf tire son nom de Rudolf Steiner, philosophe autrichien, père de l’anthroposophie (mouvement créé dans les années 1910, fondé sur la proximité avec la Nature, et qui voit le monde comme régi par des forces spirituelles). L’anthroposophie est un mouvement répandu aujourd’hui, principalement en Europe et aux États-Unis.

La pédagogie Steiner-Waldorf propose une éducation complète, respectueuse de l’enfant, en ce sens qu’elle s’adapte à son rythme et s’intéresse à chaque individu et à ses centres d’intérêts propres. Le rôle des adultes enseignants est de reconnaître ces centres d’intérêts en chaque élève, et de leur permettre ensuite de développer et de valoriser leurs aptitudes.

Le but des écoles Steiner-Waldorf est de former des êtres vivants heureux, responsables et autonomes, doués de réflexion, qui œuvreront plus tard pour le monde dans lequel ils évolueront, en étant capable d’y porter un regard critique et analytique. Les écoles Waldorf se distinguent du système scolaire classique en ce qu’elles ne se contentent pas de transmettre un savoir, mais veulent former des êtres épanouis et réfléchis.

Toutes les matières y sont étudiées, indépendamment des programmes de l’Éducation Nationale, et en insistant particulièrement sur les choses naturelles et sur les activités artistiques, qui sont au cœur de la pédagogie Steiner, et considérées comme essentielles à l’épanouissement des individus.

Comment fonctionnent les écoles Waldorf ?

On compte aujourd’hui environ 800 écoles Waldorf dans le monde, dont 17 en France. Elles accueillent les enfants du niveau maternelle au niveau terminale (de 3 ans à 17 ans).

Le jardin d’enfants accueille les enfants de 3 à 6 ans révolus, le primaire accueille les enfants de 7 à 12 ans, puis le secondaire les enfants de 13 à 17 ans.

Une grande particularité de ces écoles est qu’un même enseignant principal suit les élèves durant tout un cycle (jardin, primaire ou secondaire). Ces enseignants principaux sont épaulés par des enseignants spécialisés chacun dans une matière spécifique, qui suivent aussi les enfants tout au long de leur scolarité : dans la mesure du possible et indépendamment des soucis extérieurs de santé ou autre, un même professeur de mathématiques par exemple, suivra un élève Waldorf de 7 à 17 ans. Ce système contribue grandement à perpétrer le climat de confiance voulu dans ces écoles, et favorise l’épanouissement de chacun dans une matière (par exemple, en diminuant considérablement les stress liés chaque année aux changements d’enseignants que l’on rencontre dans les établissements classiques).

Les écoles Waldorf sont conçues pour rester à taille humaine, avec pas plus de 450 élèves maximum pour toute l’école, et pas plus de 30 élèves par classe (les effectifs se situent généralement autour de 20). Les parents sont invités à entretenir un contact régulier voire constant avec les enseignants, afin de partager pour accompagner au mieux l’enfant dans son développement.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la majorité de la population des écoles Waldorf est issue des classes moyennes. Les fonds de solidarité sont assez souvent utilisés dans ces écoles. Certaines fonctionnent sous contrat associatif.

Les écoles Waldorf visent à répondre aux besoins individuels de chaque enfant, et à les accompagner au mieux dans l’épanouissement de leurs goûts et de leurs capacités. Il n’y a donc aucune condition d’admission pour les enfants, dans ces écoles qui se veulent axées sur une grande tolérance, sans sectarisme ni favoritisme quels qu’ils soient. Les enfants ayant des difficultés diverses y sont également les bienvenus.

Le jardin d’enfants, de 3 à 6 ans

De 3 à 6 ans, les enfants sont au jardin d’enfants, avec un effectif moyen de 20 enfants. Le même adulte doit les accompagner durant tout ce cycle.

La journée commence généralement par un temps en commun, en cercle (« circle-time » chez les Anglo-Saxons). Souvent, les enfants et l’adulte chantent : cela leur permet de recréer les liens après la coupure de la nuit ou du week-end, et de souder le groupe tel qu’il fonctionnera durant la journée. Cela permet aussi de commencer la journée en toute sérénité, avec une activité simple, légère, et gaie. La matinée se poursuit souvent avec des jeux visant à développer la motricité fine.

La pédagogie Steiner-Waldorf s’appuie énormément sur l’importance pour les tout-petits d’avoir des rituels, et des habitudes bien ancrées : cela rassure les enfants. Ainsi, chaque journée dans les écoles Waldorf a son activité dédiée (le lundi : musique, le mardi : dessin, le mercredi : théâtre, etc). Ces activités sont beaucoup tournées vers les arts, qui sont un autre pilier de la pédagogie Waldorf.

Les activités organisées alternent avec les moments de jeux libres, qui sont essentiels pour laisser libre cours à l’imagination de l’enfant, à sa créativité, ainsi qu’au développement des capacités de socialisation, et à la gestion des conflits.

La pédagogie Waldorf, tournée vers la Nature, privilégie pour le jeu les objets simples et de fabrication naturelle. Le plastique est banni car ne permettant pas à l’enfant de sortir de sa relation avec l’objet une expérience réelle : l’objet en plastique est considéré comme froid et sans vie, alors que les objets en bois, en tissu, ou quelque autre matière naturelle, sont pleins de chaleur et propices au développement d’une vraie relation avec l’enfant, et au voyage de l’imaginaire. Les enfants s’approprient les objets ; leur créativité leur donne vie, ainsi qu’un rôle bien spécifique : avec eux, les enfants se racontent des histoires, qui les aident à se construire, et à développer des capacités à appréhender le monde.

Il n’y a aucun apprentissage scolaire proprement dit au jardin d’enfant. L’enfant est libre de jouer, de se développer physiquement et psychiquement, de laisser libre cours à son imagination, d’assouvir sa curiosité, de découvrir le monde, à son rythme. Il n’y a aucun programme pré défini, aucune matière à absolument étudier. Les apprentissages plus formels ne commencent qu’à partir de 6 ans révolus : Steiner pensait qu’avant cet âge, les enfants doivent avant tout développer leurs capacités physiques, et n’ont pas encore les aptitudes cérébrales mises en jeu dans le domaine de l’apprentissage.

Le niveau primaire

Les écoles Steiner-Waldorf n’utilisent pas de système de notes avant le collège. Cela vise à éviter le système classique de compétition, à éveiller en chacun des élèves la conscience de leur propre rythme et de leurs propres capacités, à susciter aussi la coopération entre élèves. Cela permet aussi d’avoir des enfants beaucoup moins stressés : ils n’ont pas autant de pression qu’avec un système de notation classique.

L’activité artistique est toujours très présente : elle est intégrée autant que possible dans tous les apprentissages, à travers le recours systématique et dans chaque matière étudiée, aux images vivantes. Les élèves n’ont pas de cours classiques comme les conçoivent les programmes de l’Education nationale : ils sont d’abord confrontés à des images réelles. L’approche des matières est ainsi rendue plus vivante, plus concrète. Les élèves sont invités à manipuler, et modeler (par exemple en sciences), plutôt qu’à écouter simplement un cours où ils ne trouvent pas leur place et qu’ils ne comprendront pas forcément. Avec la méthode Waldorf au contraire, ils sont directement impliqués ; l’enseignant les invite à interagir en leur proposant une visualisation concrète de tel ou tel sujet. Ce mode d’enseignement aide les élèves à vivre la leçon qui leur est proposée, ce qui leur permet de mieux comprendre, et donc de mieux retenir. Il s’agit d’une approche plus naturelle qui respecte les aptitudes et les attendus cérébraux de l’enfant. On n’impose pas le par cœur par exemple : on privilégie au contraire la mise en situation.

Le niveau secondaire

A partir du collège, il y a plus de contraintes : les appréciations et observations cèdent leur place à un système de notation numérique classique, et les examens font leur apparition. Les écoles Waldorf justifient ce type de contrôle, qui plaît rarement aux élèves, en expliquant par exemple les raisons de l’existence des examens.

Les matières étudiées sont toujours dirigées par les enseignants spécialisés connus au cycle primaire, puis au niveau collège.

Les études mettent désormais l’accent sur l’abstraction et la réflexion : il est considéré que les élèves ont, grâce aux manipulations multiples exercées durant leur cycle primaire, acquis suffisamment de capacités de jugement et de réflexion. Ils sont considérés comme des êtres autonomes, capables de se confronter aux problèmes du monde actuel, et d’y apporter des réponses. Les élèves des écoles Waldorf reçoivent un enseignement conçu pour leur permettre d’être véritablement acteurs de la société dans laquelle ils évoluent, pas des membres passifs et soumis.

A la fin de l’équivalent de l’année de 1ère dans un lycée classique (année 12 en école Waldorf), les élèves sont invités à présenter un « chef d’œuvre », sur un thème qu’ils auront eux-mêmes choisi, et qu’ils devront présenter devant l’ensemble de l’école : enseignants, autres élèves et parents. C’est une sorte d’examen global de fin d’études, qui permet aux candidats de démontrer leurs capacités de maîtrise, de transmission, et leur autonomie.

Ces élèves en France passent le bac. Les écoles ont maintenant tendance à prendre le parti de privilégier d’éventuelles reconversions dans le système scolaire classique, et s’alignent plus sur les programmes de l’Education nationale, en accord avec ces dirigeants, afin de ne pas isoler les élèves Waldorf.

Leurs résultats aux examens nationaux se situent légèrement au-dessus de la moyenne.

Les limites des écoles Waldorf

La pédagogie Steiner-Waldorf est liée à l’antroposophie, et subit à ce titre de nombreuses critiques, ainsi que des accusations de sectarisme – dont bien sûr, elles se défendent avec véhémence. Nous devons souligner qu’aucun signalement d’école Steiner-Waldorf faisant preuve de dérive sectaire n’a à ce jour été signalé. Néanmoins, l’observatoire gouvernemental des sectes reste vigilant, faisant état notamment d’un certain manque de transparence et d’un goût parfois prononcé pour l’occultisme et l’ésotérisme.


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