Posture respectueuse (école alternative sans violence)

La violence institutionnelle ordinaire et propositions pour s’en sortir

J’appelle violence institutionnelle toute action commise dans ou par une institution, ou toute absence d’action, qui cause à l’enfant une souffrance physique ou psychologique inutile et/ou entrave son évolution ultérieure.

Tomkiewicz et P. Vivet, « Aimer mal, châtier bien. Enquêtes sur les violences dans des institutions pour enfants et adolescents ».

La violence inhérente au système : l’obligation

L’obligation est la 1ère des violences institutionnelles en ce qui concerne l’école. Certes, en France, et ce même si de nombreux médias ou d’autres administrations se plaisent à semer le trouble dans l’esprit de parents mal informés, ce n’est pas l’école qui est obligatoire, mais l’instruction. Malgré cette « liberté » (largement ébranlée par la Loi Blanquer, récemment validée par le Conseil Constitutionnel), la pluralité des modes d’enseignement en France reste vraiment minime. Pourquoi ? parce que nombreux sont les parents qui n’ont pas les moyens financiers d’inscrire leurs enfants dans les écoles alternatives ou « hors contrat » qui se développent sur le territoire. Nombreux également sont ceux qui n’osent pas se lancer dans l’instruction en famille : par peur de mal faire ; parce que la société et leur propre éducation les ont conditionnés (un enfant doit aller à l’école) ; parce qu’ils ne peuvent pas, matériellement, se permettre de mettre de côté leur travail ; parce qu’ils ne savent même pas que cette possibilité existe et qu’ils en ont le droit ; parce que le poids des inspections qui y sont liées pèse trop lourd sur leur responsabilité de parents, etc. 

La violence est dans le conditionnement social et éducationnel, elle est aussi dans le manque de moyens et d’informations des familles.

L’obligation à l’école, c’est aussi : 

  • l’assiduité hyper contrôlée des élèves, qui place les parents en porte à faux ;
  • le fait que d’autres adultes, inconnus à la famille, se retrouvent en position de décider pour notre enfant, et sont de fait susceptibles de l’exposer à des modes éducationnels que nous ne souhaitons pas avoir pour notre enfant. Quel terrible pouvoir de l’état que celui-ci … En somme, l’école c’est lorsque d’autres personnes choisissent à notre place comment notre bébé va grandir ;
  • le rythme scolaire auquel on soumet l’enfant, au mépris le plus total de ses rythmes biologiques et de ses besoins individuels : l’individu s’efface sous le poids de la collectivité ; 
  • le programme imposé par l’Éducation Nationale, au mépris des intérêts et aptitudes de chacun, au mépris aussi du rythme de développement du cerveau de l’enfant. Malgré les récentes découvertes des neuroscientifiques, qui revêtent un caractère fondamental pour le développement de l’enfant de manière générale, aucun de ses aspects n’est pris en compte dans l’organisation d’une journée en institution scolaire ;
  • l’obligation de rendement – car l’institution scolaire est bien une entreprise – qui impose aux jeunes élèves tout un système d’examens et de notations, qui va à l’encontre du bon épanouissement de la jeunesse en lui imposant des stress parfois considérables (nous reparlerons du suicide chez les élèves), et en leur inculquant des paramètres de compétitivité ;
  • l’obligation d’avoir un comportement conforme aux exigences sociétales, appuyée par un système répressif et archaïque de punitions, parce que l’élève n’a pas respecté telle ou telle règle de l’institution.
Lire la suite « La violence institutionnelle ordinaire et propositions pour s’en sortir »
Posture respectueuse (école alternative sans violence)

Les violences éducatives ordinaires dans nos écoles

Comme vous avez pu le constater dans le précédent article de cette catégorie : La VÉO : qu’est ce que c’est ? , les Violences Éducatives Ordinaires sont très nombreuses, répandues et se retrouvent à tous les niveaux de notre quotidien : à la maison, dans nos relations parents-enfants,… mais également à l’école , de manière sournoise et insidieuse car invisible ou presque, et de ce fait méconnue.

En effet et bien malheureusement, notre système éducatif français – par son mode de fonctionnement et les valeurs qui y sont prônées – a installé et bien ancré au sein de nos écoles une multitude de VÉO. C’est d’ailleurs et en premier lieu au sein même de sa structure que sont présentes les premières VÉO.

En effet, le système éducatif français est composé de 3 parties : la maternelle, l’école élémentaire et le secondaire ( collège et lycée). Et chacune de ses parties est elle-même divisée en cycle pédagogique : le cycle 1, appelé Cycle des Apprentissages Premiers , et qui regroupe les 3 années de maternelle ( Petite Section, Moyenne Section et Grande Section) ; le cycle 2, appelé Cycle des Apprentissages Fondamentaux et qui regroupe les classes de CP/CE1 et CE2 ; le cycle 3 , appelé Cycles des Approfondissements et qui concerne les classes de CM1/CM2 et la 6ème, première année de collège ; le cycle 4 , quant à lui, regroupe les 3 années suivantes du collège, 5ème/4ème et 3ème ; et enfin le lycée, avec les niveaux 2nde/1ère et Terminale. Ainsi, pour chaque année de chaque cycle, un programme est établi avec des attendus de fin de cycle bien déterminés :  chaque enfant dans chaque école va donc suivre ce même programme et sera évalué en fonction de ces attendus qui ont été définis et selon lesquels « un enfant de fin de cycle ( …) doit maîtriser telle compétence, doit être capable de ( …). » Ce qui signifie que sont proposés à l’école des apprentissages faisant partie du programme de ce cycle, peu importe si l’enfant y est sensible ou pas à ce stade de son développement . Et si un enfant , à l’inverse, manifeste un intérêt pour un apprentissage faisant partie d’un autre cycle, il lui sera répondu qu’il est trop petit et qu’il verra cela plus tard lorsqu’il passera dans la classe au-dessus ! Au sein d’une classe, les mêmes activités proposées à un même rythme d’assimilation sont censées correspondre à 25/30 enfants – certes du même âge – mais à différents stades de développement et avec des périodes sensibles différentes…C’est là que sont présentes les premières VÉO car l’école ne respecte pas le développement de l’enfant et ne nourrit pas – ou du moins pas de la bonne façon – son besoin d’apprendre. De plus, par son enseignement figé et ses évaluations selon lesquelles un enfant de tel âge doit savoir faire telle chose à tel moment précis, l’école place l’enfant en situation d’échec : un enfant peut avoir besoin de temps supplémentaire pour assimiler une notion, ou il peut tout simplement ne pas y être sensible à la fin du premier trimestre mais parfaitement au début du second…mais malheureusement cette notion figurant au programme du premier trimestre, elle sera considérée comme «  non-acquise » et l’enfant ,comme «  ayant des difficultés » …

Lire la suite « Les violences éducatives ordinaires dans nos écoles »
Posture respectueuse (école alternative sans violence)

La VÉO : qu’est ce que c’est ?

Violence Éducative Ordinaire (VÉO)

Nous sommes nombreux à en avoir déjà entendu parler, mais sans réellement avoir bien compris de quoi il était question. On pense principalement à la fessée, à la gifle…mais la Violence éducative ordinaire ne se résume pas à cela.

En effet, la VÉO regroupe toutes les violences d’intensités différentes, qui semblent communément admises car elles auraient -selon les croyances communes- des vertus « éducatives ». Le terme VÉO fait référence aux travaux d’Olivier MAUREL (cofondateur de l’Observatoire de la Violence Éducative Ordinaire) et d’Alice MILLER auparavant (Docteur en psychologie, psychothérapeute et auteure de plusieurs livres sur l’influence de l’enfance dans la vie de l’adulte).

Est-il possible de donner une seule définition de la VÉO ?

Voici quelques réponses de fondateur / fondatrice de l’OVEO  (Observatoire de la Violence Éducative Ordinaire, créé en 2005, compte environ 300 membres dispersés aux 4 coins de la France -voire du monde- et dont l’objectif est de sensibiliser à l’existence et aux conséquences de la Violence Éducative Ordinaire).

Les formes de violence auxquelles l’OVEO doit se consacrer en priorité sont celles qui sont universellement recommandées depuis des millénaires et qui atteignent donc la majorité des enfants ; celles qui sont punitives et celles qui établissent entre le parent et l’enfant un rapport de pouvoir violent.

Olivier MAUREL

La Violence Éducative Ordinaire combine violence, donc utilisation d’une force (physique et/ou mentale) dans le but de « neutraliser » l’autre ; éducative, donc en faisant passer cette action pour quelque chose d’éducatif et donc à forte connotation de « bon ou bien » ; et ordinaire car cette action est tellement commune, acceptée et utilisée par quasi tout le monde que personne ne la voit comme telle et ne la remet en question.

Victorine

La Violence Éducative Ordinaire : une maltraitance non encore perçue comme telle par les élites du pays considéré.

Igor REITZMAN , membre du Comité de parrainage de l’OVEO
Lire la suite « La VÉO : qu’est ce que c’est ? »
Posture respectueuse (micro-crèche sans violence)

Comment accompagner les enfants au sein d’une micro-crèche ? – Les VEO (Violences Éducatives Ordinaires) en collectivité

Définition et cadre légal

Travailler avec de nombreux enfants, aux âges et besoins différents, en répondant à l’organisation de la structure, de la directrice, des collègues, des familles, n’est vraiment pas une mince affaire. Il y a également les contraintes relatives à ce choix de vie : des horaires de travail parfois compliqué avec des coupures, des collègues absents et non remplacés ou encore des heures supplémentaires en pagaille. C’est un travail qui est extrêmement prenant psychologiquement, émotionnellement également. Vous devez donner le meilleur de vous-mêmes et les moyens qui sont mis à votre disposition ne sont pas toujours suffisants ou suffisants à vos yeux. Nous ne cessons d’entendre parler du mal-être de ces professionnels qui font le choix d’offrir leur tendresse aux enfants et qui ont mal à leur travail, qui ne se sentent pas épanouis, écoutés, entendus, un monde où le rendement semble remplacer peu à peu l’objectif premier des lieux d’accueil : assurer le bien-être physique et émotionnel des enfants. 

Le choix que vous avez fait d’accompagner ses enfants pour relayer les parents durant leurs obligations est un choix magnifique et très fort de sens pour la société entière. Mais malgré vos efforts, la collectivité elle-même peut être source de Violences Éducatives Ordinaires (VEO) ou vous pouvez en être témoin de la part de vos collègues. Loin de moi l’idée de vous culpabiliser, l’idée de ces articles est de vous aider à prendre conscience des fonctionnements qui ne sont pas adaptés, à les réorienter tout en prenant en considération les contraintes et le fonctionnement de la collectivité qui est très particulier.

Lire la suite « Comment accompagner les enfants au sein d’une micro-crèche ? – Les VEO (Violences Éducatives Ordinaires) en collectivité »
Démarches administratives (création d’une micro-crèche)

Comment ouvrir une micro-crèche ? – L’équipe encadrante : qualifications, expériences et missions

La micro-crèche a de particulier sa taille mais également les professionnelles qui peuvent y travailler. En crèche il y a des professionnels « fraîchement diplômés », en micro-crèche le recrutement de ces profils n’est pas envisageable. Nous allons faire le tour des critères pour le recrutement de votre future équipe. Sachez que c’est à vous de vérifier que vos salariés répondent aux exigences de diplôme et d’expérience du décret. Il ne faut donc pas hésiter à demander les photocopies des justificatifs bien entendu, mais également à appeler les anciens employeurs pour s’assurer des périodes effectivement travaillées (avec l’autorisation du candidat obligatoirement). Prenons l’exemple d’une professionnelle titulaire d’un CAP petite enfance, elle peut tout à fait vous apporter un certificat de travail qui notifie qu’elle y a été employée de Novembre 2012 à Décembre 2015. Donc elle possède bien deux ans d’expérience, mais si elle a été en congé maternité puis parental sur une durée totale de deux ans… Il ne lui reste plus qu’une année d’expérience « réelle ».

Le gestionnaire

Vous l’avez lu dans mes précédents articles, il n’y a aucune obligation à ce qu’il soit diplômé de la petite enfance ou en est une quelconque expérience. À noter tout de même que s’il est étranger à cet univers, il devra s’entourer d’un « référent technique ». Dans certains cas l’embauche d’un référent technique vous sera imposé même si vous êtes diplômé de la petite enfance, et peu importe votre diplôme. Selon les PMI dont vous dépendez, sans diplôme, vous pourrez exceptionnellement participer à l’accueil des enfants mais sans compter dans le taux d’encadrement (donc en renfort, et en aucun cas à la place d’un salarié diplômé). Parfois les règles sont plus strictes et vous n’avez aucunement le droit de vous occuper des enfants que vous accueillez. Enfin, dans d’autres cas vous y êtes autorisés pour pallier un cas d’urgence, par exemple un professionnel malade pour qui vous n’avez pas de remplaçant.

Lire la suite « Comment ouvrir une micro-crèche ? – L’équipe encadrante : qualifications, expériences et missions »
Démarches administratives (création d’une micro-crèche)

Comment ouvrir une micro-crèche ? – Comprendre les budgets

Vous allez vite vous en rendre compte lors des démarches d’ouverture de votre future micro, il y a un sujet qui revient très souvent et qui vous pose aussi sûrement pas mal de questions, il s’agit des budgets ! Et oui, parce que même si votre projet repose sur des valeurs comme offrir aux enfants un lieu d’accueil épanouissant, être à l’écoute des demandes des parents et respecter leurs choix éducatifs ou encore enfin trouver un lieu de travail qui soit en lien avec vos valeurs professionnelles… Soyons honnêtes, nous parlons de votre futur travail, donc il va bien falloir aborder la question du financier (à moins que vous acceptiez d’être bénévole mais dans ce cas rejoindre une association sera bien plus facile pour vous !).

Donc les budgets c’est la grosse question sur laquelle vous ne pouvez pas faire l’impasse, car ils vont vous permettre par exemple de fixer votre tarif horaire, mais également de savoir combien vous allez pouvoir payer vos salariés (utile quand la question se pose en entretien de recrutement !) mais aussi de combien vous allez avoir besoin pour concrétiser votre rêve ? Et combien de rentrée d’argent minimale nécessitera votre crèche chaque mois ! La banque vous demandera un budget très détaillé afin de savoir si elle a envie de prendre le risque de vous accompagner dans l’aventure ou non.

Il faut différencier deux types de budget. Tout d’abord le budget d’investissement, c’est celui dont vous aurez besoin pour ouvrir. Il est composé de tous les achats qui sont indispensables à l’ouverture de votre micro donc le matériel de puériculture, les meubles, l’électroménager, peut-être que votre location demande un « pas de porte ». Vous pouvez en trouver des modèles sur internet. Sans ce sésame, pas de financement, et de toute façon c’est une pièce indispensable pour votre dossier de demande d’agrément car la CAF a également besoin de ce document pour estimer vos droits à la subvention à l’investissement, un coup de pouce dont il serait dommage de se priver. Mais sachez également que si cette aide vous est octroyée, elle le sera en remboursement des dépenses que vous avez déjà effectuées, donc il faudra tout de même avancer les fonds. Vous pouvez faire appel à une connaissance qui est calé en comptabilité pour le réaliser, ou bien vous aider avec des tutos et des trames que vous trouverez sur internet si vous êtes à l’aise. Encore une fois, inutile de prendre le modèle d’un autre porteur de projet, cela ne ferait pas sens du tout et ne serait pas cohérent. Peut-être qu’ils fournissent le linge de lit alors que vous souhaiterez que les parents le fournissent. Peut-être qu’ils fourniront le goûter alors que vous non. Tout est si détaillé dans ce budget comme par exemple la partie des travaux, que vous ne pouvez vraiment pas le réaliser approximativement, sous peine qu’il soit jugé « amateur » auprès des banques et qu’elles ne vous suivent pas. Elles ont besoin d’être sûres que non seulement votre micro rentrera assez d’argent pour rembourser le crédit et payer les charges, mais sachez que c’est aussi votre personne qui est jugée lors de ces rendez-vous. Le conseiller que vous avez en face de vous (ce sont souvent les directeurs d’agence qui s’occupe de ce genre de dossier d’ailleurs) va essayer de savoir si oui ou non vous ferez un bon chef d’entreprise, si oui ou non vous êtes sérieux et vous serez en mesure de réaliser avec professionnalisme toutes les tâches à hautes responsabilités qui vous incomberont. Que vous soyez l’assistante maternelle de l’année ou le boulanger du village d’à côté, à vrai dire ce n’est pas le plus important pour lui. Donc, donnez-lui des documents fiables, précis, qui ont été rédigés avec l’appui de personnes professionnels dans ce domaine, autrement votre image de sérieux s’envolera aussi vite que votre accord de prêt !

Lire la suite « Comment ouvrir une micro-crèche ? – Comprendre les budgets »
Démarches administratives (création d’une micro-crèche)

Comment ouvrir une micro-crèche ? – Les partenaires

Pour vivre, et surtout être vivante, une micro-crèche a besoin de partenaires. Seule, elle n’existe pas ! Alors il y a les partenaires auxquels on pense immédiatement : les parents, les enfants ou les professionnels par exemple. Mais il y a aussi des partenaires plus « invisibles » qui sont pourtant indispensables.

Tout d’abord, si vous avez lu d’autres articles sur l’ouverture d’une micro-crèche, vous devez très bien connaître maintenant la PMI, Protection Maternelle et Infantile. C’est un service du Conseil Général qui s’occupe notamment de l’agrément et de la supervision des établissements d’accueil du jeune enfant. C’est au Conseil Général et plus particulièrement à son président que vous devrez adresser votre demande d’agrément lorsque votre dossier sera complet et que vous serez prêt à démarrer votre seconde aventure : l’ouverture !! (Oui, le projet d’ouverture est vraiment la première aventure mais l’ouverture en elle-même en est une vraie également !). Vous allez avoir plusieurs rendez-vous avec votre médecin de PMI. Il sera votre référent concernant le projet, l’ouverture et le fonctionnement de votre crèche. Votre médecin référent vous est désigné selon la commune ou le secteur d’implantation de votre micro-crèche. Il va être avec vous durant les démarches pour l’ouverture jusqu’à l’agrément. En effet, même si la décision d’agrément revient au président du Conseil Général, cette décision sera prise en fonction des éléments que votre médecin référent sera en mesure de lui transmettre. Vous aurez tout d’abord la première rencontre pour présenter votre projet, ensuite vous allez sûrement relire ensemble votre projet éducatif et pédagogique et votre règlement de fonctionnement. Faites confiance à son expérience, elle visite régulièrement des dizaines de structures différentes, mais concernant vos valeurs elles doivent être vôtres ! Vous pouvez également convier votre médecin à la visite du local que vous convoitez, avant de vous engager (ou lui présenter vos plans et photos si vous partez sur une construction ou si vos disponibilités mutuelles ne sont pas compatibles). C’est très important de l’associer à la décision de votre local, car en visitant elle pourrait relever des points que vous n’avez pas vu et qui seront rédhibitoires et réduiront à néant vos espoirs (sur ce local uniquement bien sûr !). Avant de lui proposer une visite, assurez-vous de la viabilité de votre projet auprès de l’agence immobilière ou du propriétaire, son temps est précieux et elle ne pourra vous accompagner sur chaque visite que vous faites ! Lorsque vous aurez jeté votre dévolu sur le local de vos rêves, vous allez certainement devoir faire des travaux ou petits aménagements pour que vous passiez d’un « local » à « votre crèche », votre médecin référent prévoira donc une visite pour valider les locaux et donner ses dernières préconisations avant que vous ne déposiez votre dossier de demande d’agrément complet. Une fois l’agrément obtenu, votre médecin référent sera également présent pour vous donner les indications d’aménagement, de sécurité afin que l’ouverture et l’accueil des premiers enfants soient prévus dans les meilleures conditions possibles. Enfin, chaque année au minimum, elle fera une visite afin de constater que la crèche répond à toutes les normes d’hygiène et de sécurité que l’on est en droit d’attendre d’un lieu qui accueille des tout-petits. Son rôle est également de vérifier que la règlementation est bien respectée notamment concernant le recrutement et les exigences de diplôme et de formation des professionnels, le nombre d’enfant accueillis en respect avec le taux d’encadrement légal et votre agrément. C’est également vers elle que vous devrez vous tourner si vous avez des demandes particulières concernant de grandes modifications de fonctionnement, de projet pédagogique, d’aménagement…

Lire la suite « Comment ouvrir une micro-crèche ? – Les partenaires »
Démarches administratives (création d’une micro-crèche)

Comment ouvrir une micro-crèche ? – Le règlement de fonctionnement

Le règlement de fonctionnement

Le règlement de fonctionnement (ancien règlement d’établissement) est obligatoire dans toute structure d’accueil. Il regroupe les règles et le fonctionnement de votre micro-crèche. Il fait partie des pièces à fournir lors de la demande d’agrément, mais il sera également transmis aux familles qui inscrivent leur enfant et qui doivent obligatoirement l’accepter et le signer avant l’accueil de leur enfant. Il est donc très important qu’il soit clair et le plus exhaustif possible. Je ne peux que vous conseiller d’en faire la lecture lors du rendez-vous d’inscription afin de répondre aux interrogations des familles et de s’assurer qu’ils l’ont lu et compris. Cela va vous prendre du temps mais en contrepartie c’est une sécurité qui vous évite de nombreux quiproquos durant toute la durée de l’accueil de l’enfant (et 3 ans avec des quiproquos incessants, ça peut vite être fatiguant !)

Il doit en premier lieu préciser le nom de la crèche, son adresse, les noms et qualifications des personnes responsables de la micro-crèche, et l’âge des enfants accueillis. Il précise les jours et heures d’ouverture de votre micro, les jours de fermeture annuelle (jours fériés, congés, journée de réunion…). N’oubliez pas de tout préciser ! Par exemple si votre crèche est ouverte le 24 Décembre mais que vous souhaitez la fermer à 15h au lieu de 18h il faut absolument le préciser ! Les parents doivent pouvoir s’organiser pour leurs congés par rapport à vos fermetures et autres spécificités et les parents (tout comme nous !) détestent être prévenus au dernier moment et mis au pied du mur ! Je vous conseille vivement d’indiquer que sur des périodes très peu fréquentées (les ponts par exemple), vous vous réservez le droit de fermer la crèche si la fréquentation est jugée insuffisante. Ce petit détail est très important car si vous devez ouvrir votre crèche pendant 12h (une journée) pour la présence d’un enfant le matin, et un enfant toute la journée, ce n’est financièrement un choix qui n’est pas du tout judicieux. D’autant que sur des journées de ce type, les parents confient leur enfant afin de souffler un peu mais sur une amplitude horaire plus courte puisque souvent ils ne travaillent pas. Et pour l’enfant, passer une journée en quasi tête-à-tête avec un professionnel n’est pas forcément agréable lorsqu’il a l’habitude de retrouver ses copains et copines pour jouer. 

Le règlement précise ensuite le rôle de chaque membre de l’équipe : le gestionnaire (pensez à préciser si vous ferez partie du personnel encadrant et dans quelle mesure), la référente technique, les auxiliaires, les CAP, l’agent d’entretien, le cuisinier… Il faut également indiquer s’ils sont à temps plein ou temps partiel et s’ils sont référents d’un groupe ou autre. Par exemple il peut y avoir une référente qui ne s’occupe que du suivi des consommables de la crèche que les parents doivent fournir : coton, gel nettoyant, doliprane… Les parents doivent savoir que c’est donc normal que ce soit elle qui leur en fasse la demande.

Les conditions d’admission doivent être énoncées très précisément. Comment obtenir une place dans votre micro-crèche ? Existe-t-il des places réservées ? À qui ? Au nombre de combien ? Est-ce que les parents doivent rapporter le dossier complet avant l’inscription de l’enfant ou bien est-ce un dossier de « pré-inscription » qui doit être fourni ? Il faudra donc bien lister tous les documents nécessaires à la prise en compte de la demande d’inscription. Mais il faut également être très clair sur le délai que vous vous accordez pour donner une réponse, les conditions d’admission (ou de priorité) et ce à quoi vous vous engagez après la demande ! Indiquez ce qui valide définitivement l’inscription de l’enfant et l’accueil à la date prévue (la signature du contrat d’accueil par exemple). Précisez également ce qui se passe dans le cas où les parents changent d’avis et dans le cas où la date prévue d’accueil initiale n’est pas respectée. Vous devez être « couvert » sur toutes les situations qui se présenteront à vous car celle-ci est très commune : une famille vient inscrire son enfant pour le mois de Juin, mais finalement papy et mamie viennent passer des vacances, maman a des congés à poser et vous ne l’accueillerez qu’en Septembre. Gardez à l’esprit que votre micro-crèche a des frais fixes chaque mois qu’elle doit honorer et que vous devez absolument réfléchir à la marche à suivre si un cas de figure comme celui-ci se présente afin de ne pas « perdre » 3 mois d’accueil.

Lire la suite « Comment ouvrir une micro-crèche ? – Le règlement de fonctionnement »
Pédagogies alternatives (Passées et actuelles ; autour du monde)

Le système scolaire singapourien

Singapour est un jeune pays asiatique qui a connu un essor spectaculaire et fulgurant après la 2nde guerre mondiale, suite à son indépendance proclamée en 1965. Disposant de très peu de ressources naturelles et qui de surcroît ne sont pas renouvelables, ce pays a choisi de tout miser sur ses ressources humaines.

Un programme pour tout changer

Miser sur les ressources humaines passe par l’ « éducation » de la jeunesse, qui est l’avenir d’un pays. Singapour a choisi d’opter pour l’innovation, à la fois pédagogique et technologique – avec un recours intensif à la technologie.

Ils ont adopté un modèle asiatique très traditionnel, et très strict. Ils commencent le matin à 7h30, avec des journées misant tout sur le travail, l’effort et la discipline. C’est un système extrêmement compétitif, qui a ancré dans les esprits le sentiment que la réussite sociale et professionnelle est vitale. Un programme nommé « des écoles qui pensent, une nation qui apprend ».

Ce programme prévoit principalement 2 choses :

  • équilibrer la priorité accordée à l’acquisition du savoir, au développement des compétences et à l’intégration des valeurs traditionnelles asiatiques (comme travail et discipline). Cela passe par des méthodes d’enseignement voulues engageantes et efficaces, ainsi que par des évaluations globales et récurrentes ; 
  • investir plus de ressources dans la main-d’œuvre, le financement et les infrastructures.

Le gouvernement indonésien a donc choisi de consacrer 20% de son budget total à l’enseignement, sachant que l’éducation dans ce pays participe réellement au développement économique et social, et sert de modèle international.

Ce budget est pour une bonne partie investi dans la formation des enseignants. En effet, après avoir tout mis en œuvre pour accroître les effectifs, le gouvernement s’est attaché à la qualité de l’enseignement, puis à l’aide apportée aux enfants afin qu’ils atteignent leur plein potentiel.

Singapour est ainsi arrivé N°1 de l’enquête Pisa en 2015, pour toutes les matières étudiées. L’enquête PISA est une étude menée par l’OCDE afin d’évaluer le niveau des élèves à une échelle mondiale : Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves. Les derniers résultats ont été publiés en 2016, pour des études menées en 2015. L’Allemagne était alors 16ème, la France 26ème, ex aequo avec l’Autriche, et sur un total de 70 pays étudiés. Les élèves singapouriens avaient en moyenne 2 années d’avance sur les autres élèves de l’OCDE. De nouveaux résultats sont attendus en 2019, basés sur des enquêtes menées en 2018.

Lire la suite « Le système scolaire singapourien »
Démarches administratives (création d’une micro-crèche)

Comment ouvrir une micro-crèche ? – Le local

Si nous reprenons la liste des documents à fournir pour la demande d’agrément, il nous reste à voir « l’adresse de l’établissement », « le plan des locaux ». Il va donc maintenant falloir s’atteler à la recherche du local ! Nous allons enfin entrer dans du concret et laissez un peu de côté la rédaction ! On passe à l’action !

Il faut savoir que comme les micro-crèches ont été créées à titre expérimentale, il existe très peu de législation en la matière. Les critères exigés le seront principalement par le médecin de PMI référent de votre structure. Pour commencer il va donc falloir prendre contact avec lui, lui présenter votre projet, et collecter le maximum d’informations possibles sur ses attentes en matière de local. Car, rappelons-le, c’est la PMI qui va se prononcer sur l’agrément de votre future micro-crèche et il vaut mieux connaître ses exigences avant de vous engager sur un local qui ne correspondrait pas, ou qui engendrerait des frais trop importants par rapport à ce que vous avez prévu.

Il y a par ailleurs des critères de « bon sens » que vous pouvez déjà commencer à rechercher et ainsi faire vos premières démarches. En attendant le rendez-vous tant attendu avec la PMI vos premières recherches vous permettront d’estimer le budget qui sera nécessaire, les villes ou quartiers qui répondent le mieux à vos attentes. Dans cette grande aventure, qui sera la plus longue et la plus épuisante moralement (vous connaissez les montagnes russes émotionnelles ? Accrochez-vous, ça décoiffe !) toutes les possibilités s’offrent à vous : la location à un particulier d’une maison ou d’un appartement d’habitation, d’un ERP (Établissement Recevant du Public), louer à une agence immobilière classique ou spécialisée,acheter ou faire construire une maison ou encore (le meilleur pour la fin) occuper des locaux qui sont mis à votre disposition par la mairie (gratuitement ou en contrepartie d’un petit loyer). À ce stade de votre projet aucune de ces solutions n’est à mettre de côté, car tout dépendra du marché de l’immobilier sur votre zone d’implantation, de l’architecture générale (je pense notamment aux maisons de villes qui sont à proscrire), des surfaces de terrains, des prix… 

Tout d’abord pensez que le local que vous allez choisir devra répondre à des normes de sécurité et d’accessibilité puisqu’il s’agit d’un (ERP) et qu’à ce titre il doit par exemple être accessible aux personnes à mobilité réduite. Cela signifie qu’il vaut mieux choisir une maison avec une entrée de plain-pied, un appartement en rez-de-chaussée ou avec un ascenseur. Ne visitez jamais sans votre mètre ! La porte d’entrée doit mesurer un minimum de 0.80m et ce n’est qu’une des nombreuses caractéristiques que doit rassembler votre local. Mais sachez qu’en matière de lieu, rien n’est impossible. Peut-être que la maison que vous convoitez à des marches à l’entrée mais possède d’autres entrées possiblement aménageables ? Ou peut-être que dans votre budget des travaux pour réaliser une rampe d’accès sont envisageables ?

Lire la suite « Comment ouvrir une micro-crèche ? – Le local »