Témoignages - Violences en collectivités

A 8 ans, il fugue de l’école | Témoignage – Violences à l’école

Fuguer par peur des conséquences

« J’avais huit ans, en CE2, et une fois toutes les deux semaines nous allions dans une autre école pendant une après-midi.

D’habitude, j’avais un maître, mais cet après-midi-là c’était une maîtresse. J’avais eu cette maîtresse l’année d’avant, tout s’était très bien passé : pas de peur, pas de problème, j’étais très à l’aise avec elle.

Mais un jour, je ne sais plus pourquoi, je me suis retrouvé avec des lignes à copier. 10, 20 ou 30, je ne sais plus. Étant donné que nous ne voyions cette maîtresse qu’une fois tous les 15 jours, je me suis dit que c’était possible qu’elle oublie ma punition, ou bien qu’elle soit absente.

Le plus dur, c’était qu’il fallait faire signer la punition par les parents. Et ça, c’était impossible pour moi. Donc, la première fois que j’ai revu cette maîtresse, j’ai fait genre : « ah oui, je l’ai fait mais je l’ai oubliée chez moi ». Je l’avais pas oubliée du tout la punition, je l’avais faite mais elle n’était pas signée …15 jours plus tard, je revois la maîtresse et lui rends finalement la punition, toujours pas signée.

J’ai continué comme ça, tous les 15 jours, avec une excuse de merde à chaque fois, et à chaque fois je me retrouvais avec le double de lignes à faire, c’est monté comme ça jusqu’à 500. Quand j’ai appris ça, j’étais paralysé à l’idée de devoir affronter mes parents. La fuite ou l’attaque, j’ai choisi la fuite.

15 jours plus tard, c’est le jour où on doit aller voir cette fameuse maîtresse. On finit notre matinée avec le maître puis on part en bus à la cantine. Le bus arrive à la cantine, on descend du bus, on mange, on va jouer dehors puis la sonnerie retentit indiquant la fin de la pause méridienne. C’est à ce moment que je mets mon plan en action. Je m’isole un tout petit peu du groupe pour me rapprocher des buissons et hop je me cache derrière et pfffiou je recule pour me retrouver derrière le bâtiment. J’entends le bus se remplir, le moteur démarrer, puis c’est le départ. Je fais le tour de la cantine, je passe par un endroit où le mur était cassé et je traverse un champ pour me retrouver sur la route entre le village voisin et le village où il y avait mon école.

J’ai marché ainsi avec mon cartable sur le dos pendant 8/10 kms, j’ai traversé 2 villages et puis je suis arrivé chez moi. Ce sont mes parents qui ont prévenu l’école que j’étais absent : personne d’autre n’avait remarqué mon absence.

Après cet épisode, ni mes parents, ni la maîtresse, ni le maître ne m’en ont jamais reparlé. Et j’ai jamais écrit les 500 lignes … »


~Témoignage anonyme, pour school.ityourself.


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